Cohabitation difficile à tout bout de champ

Sandrine GAYET

Cet article fait partie du dossier: Fiers de nos agriculteurs !

Les rats des villes et les rats des champs doivent s’adapter les uns aux autres. Pas toujours facile…

Cohabitation difficile à tout bout de champ

Connaissez-vous le syndrome du NIMBY (Not In My BackYard ou pas dans mon arrière-cour), bref le « partout sauf près de chez moi » ? Eh bien il se développe à tout bout de champ dans les territoires ruraux. Sans danger pour la santé, il peut toutefois pourrir les relations de voisinage. Ce phénomène est importé des villes, par des néo-ruraux qui veulent jouir du calme et du bon air campagnards sans en accepter ce qui fait précisément le charme de la campagne.

Ces territoires où les coqs chantent, oui, parfois très tôt et à répétition quand ils s’échauffent la voix… ; où les vaches meuglent, les cloches sonnent, les ânes braient (limite soutenable quand ils sont amoureux) et les mares à grenouilles deviennent salle de concert avec coassements à la tombée du jour. Où les tracteurs se déplacent à la vitesse d’un escargot et obligent, aïe, les automobilistes à ralentir ! Où du crottin de cheval par-ci par-là ripoline la chaussée…

La campagne d’accord mais sans ce qui fait « trop campagne ». Une anecdote récente a beaucoup fait jaser autour des barbecues. Dans le sud des Yvelines, un maire a été interpellé par de nouveaux résidents qui souhaitaient la création d’un « square arboré » pour les enfants dans ce village, pourtant blotti au cœur de la forêt de Rambouillet… Pendant les dernières moissons, des habitants ont regretté le bruit des engins la nuit… des horaires de bureau pour les agriculteurs peut-être serait la solution ?

C’est tellement grotesque que cela nous fait rire mais parfois cela va trop loin avec menaces de procès et autres tracas

nous glisse un céréalier, qui lui doit faire du gymkhana avec son tracteur sur les ronds-points, dos d’ânes et autres cassis installés avec la construction des nouveaux lotissements. Heureusement, la majorité des néo-campagnards apprécie leur nouvelle qualité de vie. Et ils sont contents, l’hiver, quand les tracteurs déneigent les petites routes…


Une charte de « Bon voisinage des Yvelines» signée

Signature charte de bon voisinage © CD78 / S.Gayet

Dans le cadre du Congrès des Maires des Yvelines, le 16 octobre 2019, une charte de « Bon Voisinage » a été signée afin d’apaiser les tensions entre habitants des zones rurales et agriculteurs et de favoriser le « bien vivre ensemble ». La Chambre d’agriculture, la FDSEA, les Jeunes agriculteurs d’Ile-de-France, le Conseil départemental des Yvelines, la Préfecture et l’Union des Maires des Yvelines ont signé cette charte de bon voisinage.
Celle-ci doit permettre de mieux faire connaître les pratiques agricoles aux habitants des zones rurales, « tout en rappelant les engagements mutuels » des agriculteurs, des particuliers et des maires des communes rurales.
En effet, des conflits peuvent surgir entre habitants et professionnels du monde agricole. Ils sont souvent l’expression d’un manque de connaissance des pratiques agricoles et d’attentes divergentes.